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Présidentielle : premier tour le 18 avril 2027Mis à jour le 24 septembre 2026

/ Travail et retraites

Retraites : ce qui est en jeu en 2027

En 30 secondes

En France, les pensions des retraités sont payées par les cotisations de ceux qui travaillent aujourd'hui. Comme on vit plus longtemps et qu'il y a proportionnellement moins d'actifs, il faut régulièrement rééquilibrer le système. Les candidats s'opposent sur la manière de le faire : travailler plus longtemps, cotiser davantage, ou changer de modèle.

Comment ça marche

Un système par répartition

Le système repose sur la  : chaque mois, les cotisations prélevées sur les salaires financent directement les pensions versées le même mois. Il n'y a pas de « cagnotte » individuelle.

Deux conditions pour partir

Pour toucher une retraite complète, il faut avoir atteint l' et avoir cotisé assez de . S'il en manque, une réduit la pension, sauf à attendre 67 ans pour obtenir le automatiquement.

Des exceptions

Ceux qui ont commencé à travailler très jeunes peuvent partir plus tôt grâce au dispositif . Certains métiers pénibles ouvrent aussi des droits à un départ anticipé.

Les actifsenviron 30 millions de personnes qui travaillent
cotisations sur les salaires →
Les caisses de retraiteelles collectent et reversent aussitôt
pensions →
Les retraitésplus de 17 millions de personnes
Années 19604 cotisants pour 1 retraité
Aujourd'hui1,7 cotisant pour 1 retraité

Où en est-on ?

  1. 2023 : la réforme des 64 ans

    La réforme de 2023 relève progressivement l' de 62 à 64 ans et porte la durée de cotisation à 43 ans (172 ). Elle a été adoptée sans vote des députés, grâce au , après plusieurs mois de mobilisation syndicale.

  2. 2026 : la réforme suspendue

    La pour 2026 a suspendu la réforme jusqu'au 1er janvier 2028. L' est figé à 62 ans et 9 mois ; les 64 ans ne s'appliqueront qu'aux personnes nées à partir de 1969. Le coût est estimé à 0,4 milliard d'euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027.

  3. 2027 : au prochain président de trancher

    La suspension s'arrête juste après la présidentielle. Reprendre le calendrier vers 64 ans, revenir en arrière ou tout remettre à plat : la décision reviendra au prochain exécutif.

Les chiffres clés

14 %
du PIB consacré aux retraites en 2025, soit 422 milliards d'euros. C'est l'une des parts les plus élevées d'Europe.COR, rapport 2026
1,7
cotisant pour un retraité aujourd'hui, contre environ 4 dans les années 1960.COR
63,1 ans
âge moyen de départ à la retraite en 2025.COR, via FIPECO
5,1 Md€
de déficit en 2025, ramené à 1,3 milliard en comptant les revenus des réserves des caisses.COR, rapport 2026

Selon le COR, le niveau de vie moyen des retraités est aujourd'hui équivalent à celui de l'ensemble de la population. Il prévoit une baisse progressive des pensions par rapport aux salaires dans les prochaines décennies.

Et pour moi, ça change quoi ?

Indique ton année de naissance pour voir à quel âge tu pourrais partir selon les grandes options en débat.

Âge légal de départ uniquement. Pour une retraite complète, il faut aussi le bon nombre de trimestres. Pour ta situation personnelle, consulte info-retraite.fr.

Les grandes options en débat

Quatre grandes approches s'opposent. Chacune a ses arguments, présentés ici tels que les avancent ses partisans et ses opposants.

Avancer l'âge de départ

Revenir à 62 ans, voire à 60 ans, et réduire la durée de cotisation.

Ses partisans

Beaucoup de salariés aux métiers physiques sont usés avant 64 ans. Le système peut être financé autrement, par des cotisations ou en taxant davantage les revenus du capital.

Ses opposants

Cela coûterait plusieurs dizaines de milliards d'euros par an. Il faudrait augmenter les prélèvements sur les salaires ou les entreprises, au risque de peser sur l'emploi.

Garder les 64 ans

Reprendre le calendrier de la réforme de 2023 après la suspension.

Ses partisans

La réforme améliore l'équilibre financier, et la plupart de nos voisins partent plus tard : 67 ans en Allemagne ou en Italie à terme.

Ses opposants

Elle pénalise ceux qui ont commencé à travailler tôt et les métiers pénibles, et reste impopulaire.

Aller plus loin

Reculer encore l'âge ou allonger la durée de cotisation.

Ses partisans

Le vieillissement va se poursuivre ; mieux vaut ajuster tôt que subir des déficits croissants.

Ses opposants

L'espérance de vie en bonne santé ne suit pas le même rythme, et l'emploi des seniors reste faible en France.

Ajouter de la capitalisation

Compléter la répartition par une part d'épargne placée, individuelle ou collective.

Ses partisans

Les placements peuvent rapporter plus que les cotisations sur le long terme et soulager le système public.

Ses opposants

Les pensions dépendraient des marchés financiers, et la transition coûte cher : il faut payer les retraites actuelles tout en épargnant pour les futures.

Qui propose quoi ?

Regroupement d'après les déclarations des candidats rapportées par la presse en août et septembre 2026. Les programmes définitifs peuvent encore évoluer.

Revenir à 60 ans

Abroger la réforme de 2023 ou revenir vers 62 ans

Le PS vise 62 ans avec 43 annuités. Raphaël Glucksmann veut un départ entre 62 et 64 ans selon les carrières, négocié avec les syndicats, et refuse la capitalisation. Le RN propose 62 ans, et plus tôt pour les carrières longues.

Supprimer l'âge légal, miser sur la durée de cotisation

Gabriel Attal veut remplacer l'âge légal par la seule durée de cotisation, avec des décotes et des surcotes plus fortes, et ajouter une part de capitalisation.

Reculer l'âge et ajouter de la capitalisation

Édouard Philippe garde un âge légal et veut prolonger la vie active. Bruno Retailleau propose un âge indexé sur l'espérance de vie. David Lisnard propose 65 ans. Tous trois veulent une part de capitalisation.

Conserver l'essentiel de la réforme

Position non encore précisée

Qui défend quoi

Pour chaque proposition, les candidats qui sont pour et ceux qui sont contre, dans un ordre tiré au sort. « Plutôt » signale une position nuancée. Clique sur un nom pour voir sa page.

Les mots à connaître

Âge légal
L'âge minimum à partir duquel on peut demander sa retraite. Partir à cet âge ne garantit pas une pension complète : il faut aussi avoir cotisé assez de trimestres.
SMIC
Le salaire minimum légal. Il est revalorisé au moins une fois par an en fonction de l'inflation.
RSA
Le revenu de solidarité active, un minimum social versé aux personnes sans ressources suffisantes. Depuis 2025, les bénéficiaires sont inscrits à France Travail et accompagnés vers l'emploi.
Capitalisation
Un système où chacun épargne pour sa propre retraite. L'argent est placé, souvent sur les marchés financiers, puis reversé à la retraite. Il existe déjà en France sous forme d'épargne individuelle ou d'entreprise.

Sources